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lundi 16 janvier 2012

Les projets avortés de Gary Cooper : Autant en emporte le vent (1939)

Quand David O. Selznick entama la production de Autant en emporte le vent (Gone With the Wind), il n'avait pas de très grande star masculine sous contrat à long terme. Entamant les processus de négociation avec les autres majors, son choix se porta immédiatement sur Gary Cooper. Mais Cooper, qui ne se voyait pas dans le rôle et ne croyait pas au projet, refusa le rôle de Rhett Butler (qui fut interprété au final par Clark Gable, alors que le producteur avait également envisagé Errol Flynn).


Gary Cooper expliqua son refus au réalisateur William A. Wellman, sur le tournage de Beau Geste (1936) :
"Gone With the Wind is going to be the biggest flop in Hollywood history. I'm just glad it'll be Clark Gable who's falling flat on his face and not Gary Cooper." (Autant en emporte le vent sera le plus grand flop de toute l'histoire de Hollywood. Je suis juste ravi que ça soit Clark Gable qui trébuche et pas moi)
Cette phrase est restée célèbre, et est aujourd'hui régulièrement éditée dans des livres de citations amusantes. Il est en effet drôle de constater le manque de flair de Gary Cooper concernant ce film. Pour autant, il semblerait que son choix était profondément ancré en lui, et il ne regretta jamais. Il déclara des années après le succès du film :
"Je m'en félicite. On imagine ma responsabilité si j'avais gâché un film pareil. Il faut s'en tenir à ce que l'on sait faire, et laisser le reste aux autres."

vendredi 13 janvier 2012

Gary Cooper et les champions du box-office américain (1932-1970)

John Wayne et Gary Cooper, les deux rois du box-office américain

Grâce aux publications annuelles de l'International Motion Picture Almanac, il est aujourd'hui possible de distinguer pour chaque année depuis 1932, les dix acteurs/actrices qui ont engendrés le plus de recettes au box-office américain.

L'étude ne permet pas d'établir des chiffres avec une formidable précision : il s'agissait pour cette enquête de demander aux exploitants de cinémas américains la liste des dix noms ayant attirés le plus de spectateurs dans les salles, chaque années. Toutefois, cette liste reste le meilleur reflet du box-office de l'âge d'or de Hollywood.

> Classement de Gary Cooper dans la liste annuelle des 10 champions du box-office.   



Gary Cooper, de son apparition en 1936 à sa sortie en 1958 est resté 18 années dans le classement des dix plus grands champions du box-office américain, dont 11 années dans le top 5.

Il apparaît curieux que Cooper n'ait pas été plus de fois 1er du classement (il ne l'est qu'une seule fois, en 1953) mais au regard de l'ensemble des années, les premières places étaient souvent attribuées à des vedettes à la mode ou considérées comme des phénomènes, telles que Shirley Temple ou Mickey Rooney, puis Doris Day dans les années 60. Les grandes stars étaient rarement en tête du classement ou ne l'ont été qu'une seule fois (James Stewart en 1955, William Holden en 1956).

Gary Cooper est l'acteur le plus présent dans le classement entre 1936 et 1958 et donc, de fait, l'acteur le plus rentable de cette période. Toutefois, le véritablement champion du box-office américain de 1930 à 1970 est probablement John Wayne, plusieurs fois présent en tête du classement, et qui resta dans la liste des 10 premiers jusqu'à sa mort.

Voir aussi

lundi 2 janvier 2012

Gary Cooper, sa présence, son jeu ... vu par King Vidor

"Gary avait eu un grand succès dans des westerns muets et, avec le parlant, il éprouvait des difficultés d'élocution. Quand je l'entendis marmonner son rôle dans Soir de noces, je me suis demandé comment on pourrait lui conserver son succès. Il ne pouvait jamais jouer toute une scène sans oublier quelques mots. Et tout naturellement, je pensais qu'il fallait faire quelque chose pour améliorer la diction et la mémoire de mon ami. Mais Cooper était Cooper ; aucune insinuation de ma part ne put amener le moindre changement.

Imaginez donc ma stupéfaction, en visionnant sur l'écran notre travail du premier jour, quand j'ai vu et entendu une prestation qui débordait de charme et de personnalité. Ce fut pour moi une leçon inoubliable. Je réalisai que la caméra et le micro sont des instruments tellement sensibles qu'il n'est pas nécessaire de trop en faire. Au contraire, ils pénètrent presque à l'intérieur de l'acteur et révèlent ce qui existe réellement en lui. Dans le cas de Cooper, une personnalité très complexe et véritablement fascinante apparaissait sur l'écran de la salle de projection. Mais il ne faut pas s'y tromper : ce pouvoir psychanalytique de la caméra peut être aussi bénéfique que nuisible. Dans le cas de Cooper, ce fut la célébrité." (King Vidor, La grande parade, Paris, Ramsay Poche Cinéma, 1986, p. 160-161)

King Vidor dirige Gary Cooper et Anna Sten dans Soir de Noces (1935).

lundi 9 mai 2011

Les courts-métrages de Gary Cooper (1925-1955)

Gary Cooper et Marilyn Mills dans "Three Pals" (1925)

Gary Cooper tourna en début de carrière dans plusieurs films de quelques bobines seulement (aujourd'hui appelés des courts-métrages), souvent prétextes à montrer plusieurs personnalités ou vedettes d'un studio. La production ayant été très importante à cette période, et la plupart étant perdus ou indisponibles, il est possible que Gary Cooper apparaisse dans d'autres films que ceux de la liste suivante.

1925 - Tricks (de Bruce Mitchell)
Avec aussi : Marilyn Mills, J. Frank Glendon.

1925 - Three Pals (de Bruce Mitchell)
Avec aussi : Marilyn Mills, J. Frank Glendon.

1926 - Lightnin' Wins (de Hans Tiesler)
Avec aussi : Frank Lackteen, Walter Maly

1932 - The Slippery Pearls (de William C. McGann)
Avec aussi : Edward G. Robinson, Barbara Stanwyck, Joan Crawford, Laurel et Hardy, Loretta Young

1932 - Voice of Hollywood (de Mark D'Agostino)
Avec aussi George Bancroft, Jackie Cooper et John Wayne

1935 - Star Night at the Cocoanut Grove (écrit par Don Blanding)
Avec aussi : Bing Crosby, Mary Pickford.

1936 - La fiesta de Santa Barbara (de Louis Lewyn)
Avec aussi : Buster Keaton, Ida Lupino, Robert Taylor.

1937 - Lest We Forget (de Frank Whitbeck)
Avec aussi : Harry Carey, Robert Taylor.

1944 - Memo for Joe (de Richard O. Fleischer)
Avec aussi : Bob Hope, John Wayne.
Ce court montre quelques vedettes, dont Gary Cooper, visitant les troupes américaines dans le Pacifique.

1949 - Snow Carnival (écrit par Owen Crump)
Court-métrage promotionnel de la station de ski de Aspen à la demande de Gary Cooper, qui y possédait une maison. Il assure la voix-off.

1955 - Hollywood Mothers (de Ralph Staub)
Avec aussi : Joan Crawford, Cesar Romero.
Documentaire sur les mères de quelques célébrités de Hollywood.

Gary Cooper dans "Tricks" (1925)

mardi 19 avril 2011

Désir (1936)


>> ÉQUIPE TECHNIQUE / CARACTÉRISTIQUES
Titre original : Desir, Réalisateur : Frank Borzage, Scénario : Edwin Justus Mayer, Waldemar Young et Samuel Hoffenstein, Producteur : Ernst Lubitsch, Musique : Friedrich Hollaender, Photographie : Charles Lang, Direction artistique : Hans Dreier et Robert Usher, Montage : William Shea, Genre : Comédie, Durée : 91 minutes, Noir et Blanc, Sortie US : 11 avril 1936.

>> DISTRIBUTION
Marlène Dietrich (Madeleine de Beaupré), Gary Cooper (Tom Bradley), John Halliday (Carlos Margoli), William Frawley (Mr. Gibson), Ernest Cossart (Aristide Duvalle), Akim Tamiroff (le policier), Alan Mowbray (le Dr. Pauquet), Zeffie Tilbury (tante Olga).

>> HISTOIRE
A Paris, la belle Madeleine de Beaupré parvient, grâce à son charme et son intelligence, à duper un célèbre bijoutier et un psychiatre réputé, et à dérober un collier de perle d'une très grande valeur. Au même moment, l'ingénieur automobile Tom Bradley quitte son travail pour quelques vacances méritées. Tous deux prennent la route de l'Espagne.
Dénouement. A la douane, Madeleine utilise Tom pour faire passer le collier volé, et maintenant recherché par toutes les polices. Mais elle se retrouve obligée, bien malgré elle, de monter en voiture avec lui. Elle profite de l'inattention de Tom pour partir avec sa voiture, persuadée à tort que le collier s'y trouve. Arrivée à San Sebastian, elle retrouve son associé, le prince Margoli, puis Tom, peu de temps après. Sous le charme, celui-ci ne cherche pas à comprendre la généreuse hospitalité du couple. Alors que Carlos parvient sans mal à récupérer le collier, Madeleine tombe amoureuse de Tom. D'abord insensible, il devient jaloux et tente de les séparer, sans succès jusqu'à ce qu'elle ne révèle tout, et qu'il prenne la fuite. Les deux amoureux retournent à Paris pour restituer le collier de perle, et se marier.

>> AFFICHES


>> NOMINATIONS ET RÉCOMPENSES
-

>> AUTOUR DU FILM
A la fin de l'année 1935, Marlène Dietrich signa un contrat avec la Paramount, stipulant qu'elle devait jouer un film réalisé par Ernst Lubitsch. Mais celui-ci fut nommé chef de production du studio et obligé d'abandonner la réalisation pendant un temps. Il confia donc son remake (appelé à l'origine The Pearl Necklace) de Die Schonen Tage in Aranjuez à Frank Borzage, "emprunté" à la Warner le temps d'un film. L'idée était de reformer le duo de Cœurs Brûlés (Morroco, 1930), mais Gary Cooper ne fut pas séduit tout de suite : il craignait de tourner à nouveau avec Josef Von Sternberg (le réalisateur attitré de Marlène) et d'être écrasé par une omniprésence de dialogues. Dernière réticence : le troisième acteur du film devait être John Gilbert, le compagnon de l'époque de Dietrich. Il fut rassuré sur les deux premiers points par Lubitsch, qui lui conseilla de ne pas jouer son texte, mais de le dire tout simplement, et par la présence de Borzage. Quant à John Gilbert, alcoolique et dépressif, il fut victime d'une crise cardiaque et remplacé par John Halliday. La liaison entre Cooper et Dietrich l'acheva et il mourut à la fin du tournage.

Frank Borzage témoigna plus tard de la très bonne ambiance du tournage, décontracté, avec une Marlène Dietrich charmante, faisant la cuisine pour toute l'équipe. Il fut relativement long - de septembre à décembre 1935 - et son coût s'éleva à 1 400 000 dollars. Quant aux bijoux, ils étaient réels - estimés à 75 000 dollars - et surveillés en permanence.

Les historiens du cinéma n'ont sans doute pas encore refermé le débat sur la réelle paternité du film. La présence de Lubitsch fait croire à certains qu'il fut beaucoup plus présent qu'un simple producteur, d'autres affirment - et c'est le cas de Marlène Dietrich - que c'est bel et bien Frank Borzage qui fut le seul réalisateur du film. On sait toutefois que, prit sur un autre tournage très important, Lubitsch tourna quelques scènes à sa place.

Le film ne fut un pas un grand succès aux Etats-Unis mais triompha en Europe, allant même jusqu'à devancer les scores très importants des Trois lanciers du Bengale, à tel point que Adolf Hitler en personne se déclara admirateur de la belle Marlène Dietrich. Il envoya même son ambassadeur à Londres Joachim Von Ribbentrop lui signifier qu'il était prêt à lui remettre une très haute décoration. Le futur ministre des affaires étrangères de l'Allemagne Nazie repartit avec une bordée d'insultes. (H. Dumont, Frank Borzage, Sarastro à Hollywood, Milan, Mazzotta, 1993, p. 237-241)

>> RÉPLIQUES
- "Docteur ... c'est embarrassant.
- Vous parlez à votre médecin.
- Quand nous nous sommes mariés, c'était un homme si fort, si viril. Et aujourd'hui ... il s'imagine parfois en écolière en fuite.
- Oh ...
- Et il troqué ses pyjamas contre des chemises de nuit.
- Je n'aime pas ça.
- Je n'aime pas ça, non plus."
(Marlène Dietrich/Alan Mowbray)

- "D'abord vous m'arrosez de boue. Ensuite vous me tendez la main. Les Européens ..."
(Gary Cooper)

- "Vous essayez de me doubler ?
- Quelle vulgarité !
- Désolé. Je la dois à la fréquentation des avocats."
(John Halliday/Marlène Dietrich)

- "Qui était cet homme ?
- Un américain.
- Formidable ! Le trouver sera facile, ils ne sont que 100 millions ! Son nom ?
- Je ne le connais pas.
- Bien. Nous n'aurons pas à nous embarrasser de son nom ! Il était comment ?
- Grand.
- Encore un indice de ce genre, et nous le tenons !"
(John Halliday/Marlène Dietrich)

- "Restons calmes ! On ne risque que 5 ans.
- 7 ! J'ai vérifié."
(John Halliday/Marlène Dietrich)

- "Jolie façon d'accueillir une vieille dame ! Je pourrais être votre grand-mère, et si votre grand-mère venait ici, vous lui offririez un brandy.
- Sec ?
- S'il vous plaît. Il n'y a que pour le brandy que je suis aussi sèche. Vous savez ... je ne buvais pas avant la prison."
(Zeffie Tilbury/Marlène Dietrich)

- "Sous-estimer l'Amérique serait une stupidité. C'est un grand pays !
- 1 mètre 90."
(John Halliday/Gary Cooper)

>> CRITIQUES
"Il est indéniable que l'on retrouve dans ce joyau de la comédie américaine, la touche [de Lubitsch] mais il faut voir plus loin. [...] Lubitsch se moque de la traditionnelle notion de moralité en même temps qu'il renie le côté humain de ses personnages, qu'il identifie à des objets. Borzage est le contraire : l'environnement est l'objet et est utilisé pour mieux nous sensibiliser à la condition humaine de ses personnages. [...] Quelle complémentarité ! Du grand art tout simplement !" (J. Tulard, Guide des films, Paris, Robert Laffont, 2002, p. 854)

"[...] Superbe duo pour Gary Cooper et Marlène Dietrich produit par Ernst Lubitsch, [qui] porte, il est vrai, davantage la marque de ce dernier que du réalisateur." (B. Tavernier et J.-P. Coursodon, 50 ans de cinéma américain, Paris, Omnibus, 1995, p. 321)

>> PHOTOS DU FILM


>> PHOTOS D'EXPLOITATION

dimanche 17 avril 2011

Le général est mort à l'aube (1936)


>> ÉQUIPE TECHNIQUE / CARACTÉRISTIQUES
Titre original : The General Died at Dawn, Réalisateur : Lewis Milestone, Scénario : Clifford Odets et Charles G. Booth, Producteur : William LeBaron, Musique : Werner Janssen, Photographie : Victor Milner, Direction artistique : Hans Dreier et Ernst Fegté, Montage : Eda Warren, Genre : Aventures, Drame, Film Noir, Durée : 98 minutes, Noir et Blanc, Sortie US : 2 septembre 1936.

>> DISTRIBUTION
Gary Cooper (O'Hara), Madeleine Carroll (Judy Perrie), Akim Tamiroff (le général Yang), Dudley Digges (Monsieur Wu), Porter Hall (Peter Perrie), William Frawley (Brighton), J.M. Kerrigan (Leach).

>> HISTOIRE
En Chine, le général Yang sème la terreur dans les provinces les plus pauvres, qu'il entend dominer par la terreur. O'Hara, un aventurier américain, est chargé de transporter l'argent devant servir à les défendre, jusqu'à Shanghai. Il tombe sous le charme de la belle Judy Perrie qui, avec son père, a pour mission de l'attirer dans un piège et, dans le train qui le mène à Shanghai, il est arrêté par le général Yang.
Dénouement. Perrie et sa fille sont chargés de remettre l'argent à un vendeur d'armes, mais O'Hara parvient à s'enfuir et les retrouve dans un hôtel de Shanghai. L'argent, caché, devient alors l'objet de toutes les convoitises et personne, ni même Monsieur Wu (le représentant des provinces opprimées) ou Leach, un escroc intéressé, ne parvient à le trouver. Yang réapparaît et conduit tout le monde à bord de son bateau, y compris Brighton, le vendeur d'armes. Celui-ci, ivre, trouve l'argent dans le double fond d'une valise et poignarde par accident le général Yang. Ce dernier, mourant, dans un dernier délire mégalomaniaque, ordonne à ses hommes de se suicider et libère les prisonniers, pour qu'ils puissent venter sa gloire après sa mort.

>> AFFICHES


>> NOMINATIONS ET RÉCOMPENSES
Nominations :
- Cérémonie des Oscars, 1937 : Meilleur acteur dans un second rôle (Akim Tamiroff), Meilleure photographie (Victor Milner), Meilleure musique (Boris Morros, Studio Paramount).

>> AUTOUR DU FILM
- Le général est mort à l'aube était, au moment de sa sortie, considéré comme un film de catégorie A, à savoir un film de prestige, avec beaucoup de moyens et une grande vedette. La Paramount qui possédait un vivier de grands réalisateurs (Borzage, Wellman, Lubitsch ...) choisit Lewis Milestone, réalisateur important (engagé à gauche, à qui l'on devait déjà A l'Ouest rien de nouveau en 1930) et assez connu pour diriger un film avec Gary Cooper. Il s'agit du premier scénario de Clifford Odets (à partir de l'histoire vraie de l'aventurier Morris Cohen), célèbre dramaturge américain victime, dans les années 50, du maccarthysme. Le film fut un très gros succès, logique (tous les éléments étaient réunis pour - à commencer par un Gary Cooper en héros idéaliste, alors qu'il interprète un trafiquant d'armes !), aux États-Unis. Il fut exploité en France, à partir du 17 décembre 1936.

- Au milieu du film, comme alternative au montage alterné, Lewis Milestone choisit d'utiliser le split screen, c'est à dire l'écran partagé, une figure de style existant depuis le muet :


>> RÉPLIQUES
- "Un jour, peut-être, un loi abolira la mélancolie, quelque chose comme un amendement de la Constitution ... applicable à tous."
(Madeleine Carroll)

- "Il brise les cœurs, les grèves et les crânes."
(Gary Cooper)

- "Ma vie tient en quelques lignes. J'ai fugué d'un orphelinat à 14 ans. En vendant des journaux, j'ai appris à esquiver les coups. On pourrait appeler ça faire de la résistance. J'ai été boxeur professionnel, mais je n'aimais pas taper sur d'autres gamins. J'ai été docker, j'ai construit des routes. Puis j'ai rejoins l'aviation. En 29, je suis venu ici comme pilote. Mes camarades bombardent encore ceux pour qui je travaille. Pourquoi je défends les opprimés ? L'oppression fait partie de mon histoire. Les O'Hara, comme les éléphants, n'oublient jamais. Un américain défend toujours la démocratie non ?"
(Gary Cooper)

- "Je peux vous embrasser ?
- Demandez à ma mère !"
(Gary Cooper/Madeleine Carroll)

- "Avec les journalistes, je suis toujours très doux.
- C'est un ennemi public ?
- C'est un fait. Un homme très méchant, et cetera.
- Ça vous ennuie si je l'écris ?
- Non, ça ne m'ennuie pas. Vous mettrez ma photo ?
- Bien sûr, en première page."
(Akim Tamiroff/John O'Hara)

- "Je vais vous tanner le cuir, vous ressemblerez à votre valise !"
(Gary Cooper)

>> CRITIQUES
"Célèbre film d'aventures avec un Gary Cooper en pleine forme, de méchants chinois commandés par Akim Tamiroff et une proie délicieuse, Madeleine Carroll." (J. Tulard, Guide des films, Paris, Robert Laffont, 2002, p. 1288)

"Le meilleur film de cette période assez sombre est sans doute The General Died at Dawn, dont nous parlions fort chaleureusement dans notre précédente édition [...]. Des visions plus récentes, toutefois, ont tempéré notre enthousiasme. Le scénario est statique (le premier de Odets) et prévisible, l'interprétation de Madeleine Carroll faible et l'ensemble souffre de la comparaison avec Sternberg ou Curtiz. La mise en scène est appliquée (on dirait du Duvivier à court d'inspiration), excepté dans les premiers plans et dans le suicide collectif final. Restent les intentions (vaguement) progressistes, l'une des constantes de Milestone avec son pour les écrivains "de prestige", souvent politiquement engagés, qu'il a coutume de prendre comme scénaristes [...]." (B. Tavernier et J.-P. Coursodon, 50 ans de cinéma américain, Paris, Omnibus, 1995, p. 710-711)

>>  PHOTOS DU FILM


>> PHOTOS D'EXPLOITATION

samedi 16 avril 2011

Actualités de Gary Cooper (avril 2011)

Ce mois d'avril ressortent deux DVD de films avec Gary Cooper, déjà édités en 2009, Le général est mort à l'aube (The General Died at Down, 1936) de Lewis Milestone, et Âmes à la mer (Souls at Sea, 1937) de Henry Hathaway. Les deux articles sont déjà disponibles en pré-commande sur les sites les plus connus (à 14,99€ sur Amazon et Fnac).


Le premier propose un bonus avec Patrick Brion et Dominique Rabourdin (une vingtaine de minutes), plutôt intéressant dans l'ensemble, même si les informations ne sont pas nombreuses. Je n'ai pas testé le DVD de Âmes à la mer pour le moment.

Signalons aussi que le DVD de Beau Geste, sortit en fin d'année 2010, est toujours disponible à la vente, pas très cher (10€ environ). Il ne propose toutefois aucun bonus, et une image pas toujours très belle. Mais je fais partie des gens qui aiment beaucoup ce film d'aventures, je ne peux que vous inciter à l'acquérir.


Autre sortie importante de 2010, et toujours disponible pour un peu moins de 40€, le livre préfacé par Isabelle Rivière, Gary Cooper, les images d'une vie. Très bel ouvrage, rempli de magnifiques photos qui font oublier le peu de texte (quelques légendes banales, parfois carrément fausses, et une biographie avec quelques imperfections). Il s'agit toutefois du seul livre en français sur Gary Cooper que l'on peut acheter neuf aujourd'hui.


La chaîne payante Orange Ciné Géants diffuse ce mois-ci le film Boule de feu (Ball of fire, 1941) de Howard Hawks, avec Gary Cooper et Barbara Stanwyck. Voici les prochaines diffusions : le 17 avril à 18h45, le 19 avril à 12h05 et le 23 avril à minuit.

Les trois lanciers du Bengale (1935)


>> ÉQUIPE TECHNIQUE / CARACTÉRISTIQUES
Titre original : The Lives of a Bengal Lancer, Réalisateur : Henry Hathaway, Scénario : Waldemar Young, John L. Balderston et Achmed Abdullah, Producteur : Louis D. Lighton, Musique : Herman Hand, Photographie : Charles Lang, Direction artistique : Roland Anderson et Hans Dreier, Montage : Ellsworth Hoagland, Genre : Aventures, Durée : 109 minutes, Noir et Blanc, Sortie US : 21 janvier 1935.

>> DISTRIBUTION
Gary Cooper (Alan McGregor), Franchot Tone (Forsythe), Richard Cromwell (Donald Stone), Guy Standing (Colonel Tom Stone), C. Aubrey Smith (Major Hamilton), Kathleen Burke (Tania Volkanskaya), Douglas Drumbrille (Mohammed Khan), Monte Blue (Hamzulla Khan), Colin Tapley (Barrett).

>> HISTOIRE
Sur la frontière nord des Indes, le 41ème régiment des lanciers du Bengale, en manœuvre, est victime d'une embuscade, et perd plusieurs hommes. Deux nouveaux officiers sont affectés quelques jours après aux côtés du lieutenant McGregor, Forsythe et Stone. Ce dernier est, par ailleurs, le fils du colonel du régiment. Alors que père et fils ont du mal à communiquer, et qu'une rivalité naît entre McGregor et Forsythe, la menace d'une attaque de Mohammed Khan, un chef rebelle, gronde.
Dénouement. Après une partie de chasse chez un émir ami du colonel, le jeune Stone est enlevé par Mohammed Khan, grâce aux charmes de la belle espionne Tania Volkanskaya. Alors que le colonel refuse de sacrifier son régiment pour sauver son fils, prisonnier dans un fort bien protégé, McGregor et Forsythe se déguisent en marchands et réussissent à y pénétrer. Démasqués, ils sont arrêtés, puis torturés. Stone parle et permet aux rebelles de s'emparer de munitions. Alors que le régiment s'apprête à donner l'assaut sur le fort, les trois lanciers parviennent à s'échapper et à semer la panique dans les rangs rebelles. McGregor perd la vie mais parvient à faire exploser la réserve de munitions, tandis que Stone tue Mohammed Khan, entrainant la reddition de ses troupes. Les deux lanciers survivants sont décorés, et l'on remet à McGregor une médaille à titre posthume.

>> AFFICHES


>> NOMINATIONS ET RÉCOMPENSES
Nominations :
- Cérémonie des Oscars, 1936 : Meilleur film, Meilleur réalisateur (Henry Hathaway), Meilleur assistant réalisateur (Clem Beauchamp et Paul Wing), Meilleur scénario (Achmed Abdullah, John L. Balderston, Grover Jones, William Slavens McNutt, Waldemar Young), Meilleure direction artistique (Hans Dreier et Roland Anderson), Meilleur son (Franklin Hansen), Meilleur montage (Ellsworth Hoagland).

- National Board of Review Award, 1935 : Meilleur film américain.

Récompenses :
- Cérémonie des Oscars, 1936 : Meilleur assistant réalisateur (Clem Beauchamp et Paul Wing).

>> AUTOUR DU FILM
Entretiens avec le réalisateur Henry Hathaway (extraits, 1972)
- Pour The lives of a Bengal Lancer, qu'est-il arrivé au matériel tourné par Schoedsack ?
- The Lives of a Bengal Lancer était déjà passé par deux metteurs en scène. Le premier était Schoedsack avec Merian Cooper. Tous deux étaient partis tourner aux Indes. De retour en Amérique, ils s'intéressèrent à un autre projet et c'est Stephen Roberts, un bon réalisateur, qui avait tourné un film où George Raft était toréador, qui reprit l'idée. Mais il voulait réaliser un film cher, de avec des décors énormes. J'avais la réputation de tourner très vite, pour pas cher, de bons westerns, et quelqu'un du studio dit : "Pourquoi ne pas donner le film à Hathaway ?". [...] On me donna un plan de travail de quarante deux jours et à la fin du tournage, celui-ci avait duré en fait cent sept jours. Tout le studio était enragé. Les gens ne me parlaient plus. Dès que le film sortit, on me reparla ... C'était la première fois qu'il film se jouait plus d'une semaine. Le mien dura dix semaines. [...]

- Où avez tourné le film ?
- Là où j'ai tourné mes westerns ... [...] Mais je n'arrivais pas à tourner jusqu'à ce que je comprenne ce que je voulais : c'était un éléphant. [...] Le lendemain matin, il n'y a pas d'éléphant. Je téléphone au studio et je leur demande l'éléphant. Il me disent qu'ils ne peuvent pas envoyer d'éléphant. Alors je leur dis "C'est l'éléphant ou moi ... Ou vous m'envoyez un éléphant, ou vous envoyez un autre metteur en scène". Et j'étais très sérieux. [...] Le matin suivant, je me lève : toujours pas d'éléphant. [...] On me dit que l'éléphant arrive. C'était vrai mais, sur la route, le camion qui le transportait s'était arrêté pour prendre de l'essence et l'éléphant s'était accroché à un des poteaux de la station service. Il avait fallu arracher le poteau ... Un peu plus tard, en passant dans un bois, il a enroulé sa trompe autour d'un tronc d'arbre et n'a pas voulu le lâcher, il a fallu couper le tronc et il est arrivé sur le lieu du tournage avec un tronc dans la trompe ... Dès qu'il a été là, j'ai pu tourner. (B. Tavernier, Amis Américains, Arles, Institut Lumière/Actes Sud, 2008, p. 175-176)

>> RÉPLIQUES
- "Vous voyez les nouveaux officiers ce matin. Les lieutenants Forsythe et Stone.
- Stone ?
- Son fils.
- Son quoi ?
- J'ai dit son fils.
- J'ai du mal à croire que ce vieux grincheux ait eut une faiblesse."
(C. Aubrey Smith/Gary Cooper)

- "Je vous présente ... rappelez moi votre nom.
- Forsythe.
- Monsieur Stone, Monsieur Fort.
- Nous nous sommes rencontrés dans le train, et je m'appelle Forsythe.
- Trop long à prononcer par cette chaleur !"
(Gary Cooper/Franchot Tone)

- "Tout ce bazar ira au musée de Kensington ?
- Ce bazar, ce sont les effets personnels de celui que vous remplacez, tombé à la frontière le mois dernier."
(Franchot Tone/Gary Cooper)

- "Il appartient au régiment corps et âme, c'est tout sa vie. Ça ne durera pas, la retraite approche. Il aura un fauteuil au club, et une place dans les défilés. Mais il n'aura rien si son fils ne s'occupe pas du régiment.
- C'est ça l'important ?
- Bien sur ! C'est toute sa vie ! Il devrait laisser ses intérêts influencer ses ordres ?
- Pourquoi pas ? Pourquoi ne pas laisser parler l'être humain en lui ? Pourquoi ne pas oublier le devoir pour une fois ?
- Vous êtes aveugle ! Ne voyez vous pas que de génération en génération, une poignée d'hommes à assurer l'ordre pour 300 millions de personnes ? Grâce à lui et à ses semblables, aux hommes qui ont fait les Indes britanniques, qui font passer le devoir avant tout. La mort ne l'empêchera pas de l'accomplir, l'amour non plus. Lorsque les hommes de sa trempe s'éteindront, ce sera la fin. Nous ne pourrons jamais les égaler."
(C. Aubrey Smith/Franchot Tone/Gary Cooper)

- "Maintenant que nous ne sommes plus des invités, dites ce que vous pensez de l'agneau.
- Oui ... je regrette de devoir vous dire que votre agneau est vraiment ...
- "Infect" est le mot.
- Merci, Mac."
( Gary Cooper/Franchot Tone)

>> CRITIQUES
"Lives of a Bengale Lancer louvoie ainsi avec adresse entre la comédie et une action dramatique jamais pesante, ni contraignante, dosage idéal pour un genre qui réclame la souplesse, l'absence de prétention, une gravité gracieuse et polie. [...] Ce classique du genre tient formidablement bien le coup. Le parti pris visuel, la récréation historique, à défaut d'être juste, frappent par leur logique interne, leur cohérence par rapport aux ambitions premières et aux conventions qu'il ne fallait surtout pas ébranler sous peine de détruire tout l'édifice. Cette apologie du colonialisme est tellement évidente qu'on ne parvient plus à s'offusquer. Au contraire, elle ajoute au plaisir que l'on prend à revoir le film, se résumant dans une réplique grandiose de Franchot Tone à son domestique indigène : 'Je suis là pour salir mes bottes, tu es là pour les essuyer'." (B. Tavernier et J.-P. Coursodon, 50 ans de cinéma américain, Paris, Omnibus, 1995, p. 529, 532)

"Un classique du film d'aventures à gros budget, tourné dans des extérieurs spectaculaires et avec des costumes somptueux afin de rendre le prestige et l'héroïsme de l'armée britannique. Au départ les lanciers sont des têtes brûlées et de farouches individualistes. Le récit s'attache à les rendre humains et sympathiques. [...] Le film a connu un immense succès, faisant de Gary Cooper une star. Les trois lanciers du Bengale reste le modèle du film colonial, et a connu une nombreuse descendance." (J.-C. Lamy, Dictionnaire des films, Paris, Larousse, 2002, p. 850)

"Chef d’œuvre du film d'aventures, couronné de nombreux oscars à sa sortie, superbement interprété par Gary Cooper, voilà un classique du cinéma qui se revoit toujours avec plaisir." (J. Tulard, Guide des films, Paris, Robert Laffont, 2002, p. 2786)

"[...] C'est encore grâce à l'extrême froideur du ton, à la tranquille impassibilité du narrateur que Les trois lanciers du Bengale a pu si bien résister aux outrages du temps, après avoir captivé à son heure et lors de multiples ressorties des millions de spectateurs, passionnés par ses qualités et sa densité de récit d'aventures, par ses personnages au relief sobre et sans complaisance. [...] Avec une sorte de cruauté minutieuse et réaliste - celle d'un homme qui ne veut pas s'en laisser conter - Hathaway fait aussi l'éloge du professionnalisme, avant même celle du sacrifice et de l'héroïsme, exprimant très nettement sa méfiance vis à vis du sentimentalisme et de l'attendrissement." (J. Lourcelles, Dictionnaire du cinéma, Les films, Paris, Robert Laffont, 1992, p. 1481)

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