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vendredi 30 décembre 2011

Les Tuniques écarlates (1940)


>> ÉQUIPE TECHNIQUE / CARACTÉRISTIQUES
Titre original : North West Mounted Police, Réalisateur : Cecil B. DeMille, Scénario : Alan Le May, Jesse Lasky Jr. et C. Gardner Sullivan, Producteur : Cecil B. DeMille, Musique : Victor Young, Photographie : W. Howard Greene et Victor Milner, Direction artistique : Hans Dreier et Roland Anderson, Montage : Anne Bauchens, Genre : Aventure, Western, Durée : 126 minutes, Couleurs, Sortie US : 22 octobre 1940.

>> DISTRIBUTION
Gary Cooper (Dusty Rivers), Madeleine Carroll (April Logan), Paulette Goddard (Louvette Corbeau), Preston Foster (Sergent Jim Brett), Robert Preston (Ronnie Logan), Akim Tamiroff (Dan Duroc), Lynne Overman (Tod McDuff), George Bancroft (Jacques Corbeau), Lon Chaney Jr. (Shorty), Robert Ryan (Dumont).

>> HISTOIRE
Dans les années 1880, au Canada, les Métis (descendants d'européens et d'indiens) veulent s'émanciper du pouvoir britannique, représenté sur place par la Police Montée, les tuniques écarlates. Alors que la paix semble installée, trois leaders Métis, dont Louis Riel et Jacques Corbeau, ravivent les tensions. C'est dans ce contexte qu'arrive Dusty Rivers, un ranger du Texas qui recherche Corbeau pour meurtre. Alors qu'il débute ses recherches et tombe sous le charme de la belle April, les Métis s'apprêtent à déclarer la guerre aux tuniques écarlates et appellent en renforts plusieurs milliers d'indiens.
Dénouement. Pour inciter le chef indien à entrer en guerre contre les britanniques, Corbeau promet de ramener des dizaines d'uniformes écarlates tâchés de sang. Il fomente alors un guet-apens contre la Police Montée, qui perd beaucoup d'hommes. Mais les survivants se présentent devant le chef indien, menaçant que les âmes des morts reprennent vie. Le chef, intimidé, prête allégeance à la Couronne britannique, et Jacques Corbeau est arrêté. Laissant derrière lui la belle canadienne qu'il aimait, Dusty Rivers repart aux États-Unis avec son prisonnier.

>> AFFICHES


>> NOMINATIONS ET RÉCOMPENSES
Nominations :
- Cérémonie des Oscars, 1941 : Meilleur Son (Département son des studios Paramount), Meilleure Musique originale (Victor Young), Meilleure Direction artistique (Hans Dreier et Roland Anderson), Meilleure Photographie (Victor Milner et W. Howard Greene), Meilleur Montage (Anne Bauchens).

Récompenses :
- Cérémonie des Oscars, 1941 : Meilleur Montage (Anne Bauchens).

>> AUTOUR DU FILM
Les Tuniques écarlates fut le premier film en couleurs de Cecil B. DeMille, qui employa le procédé Technicolor pour un montant de 200.000$, quand un film en noir et blanc coûtait environ 50.000$. La société Technicolor imposa d'abord au réalisateur un directeur de la photographie expert en la matière, à savoir Arthur Rosson (qui venait de travailler sur Autant en emporte le vent). Il lui prodigua certains conseils sur la manière de filmer le ciel notamment, et décréta que Howard Greene (qui avait travaillé sur Les dix commandements) était le meilleur chef opérateur pour les extérieurs. Dans son contrat avec la Paramount, DeMille reçu une avance de 100.000$ pour préparer le film, et 50% des bénéfices sur les recettes. (R. S. Brichard, Cecil B. DeMille's Hollywood, The University Press of Kentucky, 2004)

S'éloignant de la traditionnelle mauvaise image des canadiens français dans le cinéma hollywoodien, le film ne fut pas censuré au Québec, mais provoqua toutefois une réaction hostile de Maurice Huot (dans le journal Le Devoir, du 28 octobre 1940) déplorant le "jour trompeur" sous lequel était montré Louis Riel, "vulgaire révolté". (P. Hébert et Y. Lever, Dictionnaire de la censure au Québec, Editions Fidès, 2006)

Anecdotes
- Il ne s'agit pas, comme on peut souvent le lire, du premier film en couleurs de Gary Cooper.
- Le film est une adaptation de l'ouvrage de R. C. Fetherstonhaugh, The Royal Canadian Mounted Police.
- C'est également l'un des premiers rôles d'une future vedette du cinéma américain, Robert Ryan, dans un rôle très secondaire de soldat.
- Comme pour la majorité de ses films, Cecil B. DeMille a tourné l'ensemble du film en Californie, en studios, usant de paysages filmés ou de toiles peintes. Les quelques plans réels d'extérieurs ont été tournés par un réalisateur de seconde équipe.
- Entre 1949 et 1999, le film cumula 4 677 876 entrées en France, dont 961 484 à Paris.

>> RÉPLIQUES 
- "Couvre moi ce soir, je dois sortir.
- La prochaine fois ... dis à cette fille d'amener une copine !"
(Robert Preston/Regis Toomey)

- "Vous savez flanquer une selle en un tour de main !"
(Gary Cooper)

- "Où croyez vous aller ?
- A Batoche ! J'espère que c'est très loin !
- Pas moi, cette banquette est si raide.
- Moi, j'ai l'impression d'être assis sur un nuage !"
(Madeleine Carroll/Gary Cooper)

- "Vous n'êtes pas marié ?
- Pour moi, un célibataire est un homme qui ne fait pas deux fois la même erreur."
(Madeleine Carroll/Gary Cooper)

- "Vous pensez qu'une plante ou autre chose de canadien survivrait au Texas ?
- Comment le saurais-je ?
- Même la lumière de la lune est chaude et douce, là bas ...
- Les chevaux sont rapides au Texas ?
- Y'a pas plus rapides !
- Le sont-ils autant que les hommes ?
(Gary Cooper/Madeleine Carroll/Lynne Overman)

- "Vous savez quoi ? Je fais le meilleur café de tout l’État du Texas. On peut y faire flotter un fer à cheval !"
(Gary Cooper)

- "Vous êtes un ange vêtu de cuir !
- J'aurais l'air fin avec des ailes en cuir."
(Madeleine Carroll/Gary Cooper)

>> CRITIQUES
" [...] Northwest Mounted Police reste écrasant d'ennui et de convention scénaristique". (B. Tavernier et J.-P. Coursodon, 50 ans de cinéma américain, Paris, Omnibus, 1995, p. 414)

"Premier film en Technicolor de DeMille et de Gary Cooper. Une œuvre superbe, un mélodrame à grand spectacle, une utilisation éblouissante des paysages [...], une action sans temps morts, bref l'une des grandes réussites de DeMille". (J. Tulard, Guide des films (P-Z), Paris, Robert Laffont, 2002, p. 3010)

"Les Tuniques écarlates, de Cecil B. DeMille est un film palpitant, un mélodrame à grand spectacle qui abonde en combats opposants soldats et Indiens et propose, en Technicolor, des vues extraordinaires des montagnes, des lacs, des forêts et de la police montée du Canada. [...] Les acteurs principaux s'en tirent à leur honneur." (Rose Pelswick, New York Journal American, 1940)

"Le faste et le spectacle grandiose imaginé par DeMille fascinent le spectateur déjà ébloui par la qualité de la photographie en couleurs. En homme d'action, Cooper est parfaitement dans son rôle." (Homer Dickens, Gary Cooper, Paris, Henri Veyrier, 1975)

>> PHOTOS D'EXPLOITATION


>> PHOTOS DU FILM


>> DOCUMENTS
Plus de photos et extrait audio :
> Les plus belles entrées de Gary Cooper à l'écran (Les tuniques écarlates) - avec extrait audio !

Revue Mon film, spécial Les Tuniques écarlates (n°173, 14 décembre 1949). Extraits.
> Voir "Mon film spécial Les Tuniques écarlates" complet ici !


Journal scout américain, Boy's Life, de novembre 1940.


jeudi 28 avril 2011

"Politique des acteurs : Gary Cooper", par Luc Moullet (1993)

Politique des acteurs est le seul ouvrage, à ma connaissance, consacré entièrement à l'étude et l'analyse du jeu de quatre des plus grandes stars de Hollywood, Duke Wayne, Gary Grant, Jimmy Stewart et Gary Cooper. A priori, un livre important et incontournable.


L'auteur est réputé parmi les cinéphiles, il intervient régulièrement dans des bonus de DVD (dont certains sur Gary Cooper - L’odyssée du Dr. Wassell, Les tuniques écarlates) et est l'auteur de nombreuses critiques (et de quelques films, que je n'ai pas eu l'occasion de voir).

Le chapitre consacré à Coop' est très bien intitulé L'immortalité du sphinx, en référence au "champion de l'underplay" qu'il était et possède de très belles analyses de l'évolution du laconisme de l'acteur, exacerbé au fur et à mesure des films, et de l'importance d'avoir des partenaires qui le valorisent encore plus (tels que Walter Brennan ou Akim Tamiroff). Toutefois, j'ose relever de nombreux défauts à mon goût : Moullet ne s'intéresse pas à tous les films de Cooper, mais à quelques uns qu'il juge importants ; il y a plusieurs erreurs difficilement acceptables, dont une sur les morts de Gary Cooper au cinéma : Moullet n'en relève que 5 (oubliant notamment Les trois lanciers du Bengale et Peter Ibbetson !) ; et c'est surtout la manière d'écrire de l'auteur qui me dérange : il ne semble pas apprécier les acteurs dont il parle, ni les films (on a l'impression qu'il n'y a que quelques bons films dans leurs carrières - et c'est encore plus flagrant dans le chapitre sur John Wayne) ; sans compter ses nombreux avis très discutables : Moullet ne voit que trois westerns intéressants dans la carrière de Cooper (!), ceux de Cecil B. DeMille, ne voit aucun intérêt dans les films de Sam Wood, et trouve enfin que Peter Ibbetson est un film totalement raté.

Le livre est donc pénible à lire - Moullet gâche complètement son très beau sujet -, et il sera complètement indigeste pour quelqu'un qui n'a pas vu les films des acteurs concernés (pour bien faire, il faut maitriser la filmographie complète). De plus, si vous êtes un grand admirateur de Gary Cooper ou John Wayne, vous aurez bien du mal à accepter certaines phrases franchement exagérées ("Prenons les cinq derniers Cooper : le seul qui présent un intérêt, c'est bien sur le seul qu'il n'ait pas produit, Man of the West", "[...] le médiocre How Green Was My Valley", "[...] comme The Big Trail, où il ne rendait pas grand-chose à travers ses rôles de jeune gandin [...]").

mardi 19 avril 2011

Désir (1936)


>> ÉQUIPE TECHNIQUE / CARACTÉRISTIQUES
Titre original : Desir, Réalisateur : Frank Borzage, Scénario : Edwin Justus Mayer, Waldemar Young et Samuel Hoffenstein, Producteur : Ernst Lubitsch, Musique : Friedrich Hollaender, Photographie : Charles Lang, Direction artistique : Hans Dreier et Robert Usher, Montage : William Shea, Genre : Comédie, Durée : 91 minutes, Noir et Blanc, Sortie US : 11 avril 1936.

>> DISTRIBUTION
Marlène Dietrich (Madeleine de Beaupré), Gary Cooper (Tom Bradley), John Halliday (Carlos Margoli), William Frawley (Mr. Gibson), Ernest Cossart (Aristide Duvalle), Akim Tamiroff (le policier), Alan Mowbray (le Dr. Pauquet), Zeffie Tilbury (tante Olga).

>> HISTOIRE
A Paris, la belle Madeleine de Beaupré parvient, grâce à son charme et son intelligence, à duper un célèbre bijoutier et un psychiatre réputé, et à dérober un collier de perle d'une très grande valeur. Au même moment, l'ingénieur automobile Tom Bradley quitte son travail pour quelques vacances méritées. Tous deux prennent la route de l'Espagne.
Dénouement. A la douane, Madeleine utilise Tom pour faire passer le collier volé, et maintenant recherché par toutes les polices. Mais elle se retrouve obligée, bien malgré elle, de monter en voiture avec lui. Elle profite de l'inattention de Tom pour partir avec sa voiture, persuadée à tort que le collier s'y trouve. Arrivée à San Sebastian, elle retrouve son associé, le prince Margoli, puis Tom, peu de temps après. Sous le charme, celui-ci ne cherche pas à comprendre la généreuse hospitalité du couple. Alors que Carlos parvient sans mal à récupérer le collier, Madeleine tombe amoureuse de Tom. D'abord insensible, il devient jaloux et tente de les séparer, sans succès jusqu'à ce qu'elle ne révèle tout, et qu'il prenne la fuite. Les deux amoureux retournent à Paris pour restituer le collier de perle, et se marier.

>> AFFICHES


>> NOMINATIONS ET RÉCOMPENSES
-

>> AUTOUR DU FILM
A la fin de l'année 1935, Marlène Dietrich signa un contrat avec la Paramount, stipulant qu'elle devait jouer un film réalisé par Ernst Lubitsch. Mais celui-ci fut nommé chef de production du studio et obligé d'abandonner la réalisation pendant un temps. Il confia donc son remake (appelé à l'origine The Pearl Necklace) de Die Schonen Tage in Aranjuez à Frank Borzage, "emprunté" à la Warner le temps d'un film. L'idée était de reformer le duo de Cœurs Brûlés (Morroco, 1930), mais Gary Cooper ne fut pas séduit tout de suite : il craignait de tourner à nouveau avec Josef Von Sternberg (le réalisateur attitré de Marlène) et d'être écrasé par une omniprésence de dialogues. Dernière réticence : le troisième acteur du film devait être John Gilbert, le compagnon de l'époque de Dietrich. Il fut rassuré sur les deux premiers points par Lubitsch, qui lui conseilla de ne pas jouer son texte, mais de le dire tout simplement, et par la présence de Borzage. Quant à John Gilbert, alcoolique et dépressif, il fut victime d'une crise cardiaque et remplacé par John Halliday. La liaison entre Cooper et Dietrich l'acheva et il mourut à la fin du tournage.

Frank Borzage témoigna plus tard de la très bonne ambiance du tournage, décontracté, avec une Marlène Dietrich charmante, faisant la cuisine pour toute l'équipe. Il fut relativement long - de septembre à décembre 1935 - et son coût s'éleva à 1 400 000 dollars. Quant aux bijoux, ils étaient réels - estimés à 75 000 dollars - et surveillés en permanence.

Les historiens du cinéma n'ont sans doute pas encore refermé le débat sur la réelle paternité du film. La présence de Lubitsch fait croire à certains qu'il fut beaucoup plus présent qu'un simple producteur, d'autres affirment - et c'est le cas de Marlène Dietrich - que c'est bel et bien Frank Borzage qui fut le seul réalisateur du film. On sait toutefois que, prit sur un autre tournage très important, Lubitsch tourna quelques scènes à sa place.

Le film ne fut un pas un grand succès aux Etats-Unis mais triompha en Europe, allant même jusqu'à devancer les scores très importants des Trois lanciers du Bengale, à tel point que Adolf Hitler en personne se déclara admirateur de la belle Marlène Dietrich. Il envoya même son ambassadeur à Londres Joachim Von Ribbentrop lui signifier qu'il était prêt à lui remettre une très haute décoration. Le futur ministre des affaires étrangères de l'Allemagne Nazie repartit avec une bordée d'insultes. (H. Dumont, Frank Borzage, Sarastro à Hollywood, Milan, Mazzotta, 1993, p. 237-241)

>> RÉPLIQUES
- "Docteur ... c'est embarrassant.
- Vous parlez à votre médecin.
- Quand nous nous sommes mariés, c'était un homme si fort, si viril. Et aujourd'hui ... il s'imagine parfois en écolière en fuite.
- Oh ...
- Et il troqué ses pyjamas contre des chemises de nuit.
- Je n'aime pas ça.
- Je n'aime pas ça, non plus."
(Marlène Dietrich/Alan Mowbray)

- "D'abord vous m'arrosez de boue. Ensuite vous me tendez la main. Les Européens ..."
(Gary Cooper)

- "Vous essayez de me doubler ?
- Quelle vulgarité !
- Désolé. Je la dois à la fréquentation des avocats."
(John Halliday/Marlène Dietrich)

- "Qui était cet homme ?
- Un américain.
- Formidable ! Le trouver sera facile, ils ne sont que 100 millions ! Son nom ?
- Je ne le connais pas.
- Bien. Nous n'aurons pas à nous embarrasser de son nom ! Il était comment ?
- Grand.
- Encore un indice de ce genre, et nous le tenons !"
(John Halliday/Marlène Dietrich)

- "Restons calmes ! On ne risque que 5 ans.
- 7 ! J'ai vérifié."
(John Halliday/Marlène Dietrich)

- "Jolie façon d'accueillir une vieille dame ! Je pourrais être votre grand-mère, et si votre grand-mère venait ici, vous lui offririez un brandy.
- Sec ?
- S'il vous plaît. Il n'y a que pour le brandy que je suis aussi sèche. Vous savez ... je ne buvais pas avant la prison."
(Zeffie Tilbury/Marlène Dietrich)

- "Sous-estimer l'Amérique serait une stupidité. C'est un grand pays !
- 1 mètre 90."
(John Halliday/Gary Cooper)

>> CRITIQUES
"Il est indéniable que l'on retrouve dans ce joyau de la comédie américaine, la touche [de Lubitsch] mais il faut voir plus loin. [...] Lubitsch se moque de la traditionnelle notion de moralité en même temps qu'il renie le côté humain de ses personnages, qu'il identifie à des objets. Borzage est le contraire : l'environnement est l'objet et est utilisé pour mieux nous sensibiliser à la condition humaine de ses personnages. [...] Quelle complémentarité ! Du grand art tout simplement !" (J. Tulard, Guide des films, Paris, Robert Laffont, 2002, p. 854)

"[...] Superbe duo pour Gary Cooper et Marlène Dietrich produit par Ernst Lubitsch, [qui] porte, il est vrai, davantage la marque de ce dernier que du réalisateur." (B. Tavernier et J.-P. Coursodon, 50 ans de cinéma américain, Paris, Omnibus, 1995, p. 321)

>> PHOTOS DU FILM


>> PHOTOS D'EXPLOITATION

dimanche 17 avril 2011

Le général est mort à l'aube (1936)


>> ÉQUIPE TECHNIQUE / CARACTÉRISTIQUES
Titre original : The General Died at Dawn, Réalisateur : Lewis Milestone, Scénario : Clifford Odets et Charles G. Booth, Producteur : William LeBaron, Musique : Werner Janssen, Photographie : Victor Milner, Direction artistique : Hans Dreier et Ernst Fegté, Montage : Eda Warren, Genre : Aventures, Drame, Film Noir, Durée : 98 minutes, Noir et Blanc, Sortie US : 2 septembre 1936.

>> DISTRIBUTION
Gary Cooper (O'Hara), Madeleine Carroll (Judy Perrie), Akim Tamiroff (le général Yang), Dudley Digges (Monsieur Wu), Porter Hall (Peter Perrie), William Frawley (Brighton), J.M. Kerrigan (Leach).

>> HISTOIRE
En Chine, le général Yang sème la terreur dans les provinces les plus pauvres, qu'il entend dominer par la terreur. O'Hara, un aventurier américain, est chargé de transporter l'argent devant servir à les défendre, jusqu'à Shanghai. Il tombe sous le charme de la belle Judy Perrie qui, avec son père, a pour mission de l'attirer dans un piège et, dans le train qui le mène à Shanghai, il est arrêté par le général Yang.
Dénouement. Perrie et sa fille sont chargés de remettre l'argent à un vendeur d'armes, mais O'Hara parvient à s'enfuir et les retrouve dans un hôtel de Shanghai. L'argent, caché, devient alors l'objet de toutes les convoitises et personne, ni même Monsieur Wu (le représentant des provinces opprimées) ou Leach, un escroc intéressé, ne parvient à le trouver. Yang réapparaît et conduit tout le monde à bord de son bateau, y compris Brighton, le vendeur d'armes. Celui-ci, ivre, trouve l'argent dans le double fond d'une valise et poignarde par accident le général Yang. Ce dernier, mourant, dans un dernier délire mégalomaniaque, ordonne à ses hommes de se suicider et libère les prisonniers, pour qu'ils puissent venter sa gloire après sa mort.

>> AFFICHES


>> NOMINATIONS ET RÉCOMPENSES
Nominations :
- Cérémonie des Oscars, 1937 : Meilleur acteur dans un second rôle (Akim Tamiroff), Meilleure photographie (Victor Milner), Meilleure musique (Boris Morros, Studio Paramount).

>> AUTOUR DU FILM
- Le général est mort à l'aube était, au moment de sa sortie, considéré comme un film de catégorie A, à savoir un film de prestige, avec beaucoup de moyens et une grande vedette. La Paramount qui possédait un vivier de grands réalisateurs (Borzage, Wellman, Lubitsch ...) choisit Lewis Milestone, réalisateur important (engagé à gauche, à qui l'on devait déjà A l'Ouest rien de nouveau en 1930) et assez connu pour diriger un film avec Gary Cooper. Il s'agit du premier scénario de Clifford Odets (à partir de l'histoire vraie de l'aventurier Morris Cohen), célèbre dramaturge américain victime, dans les années 50, du maccarthysme. Le film fut un très gros succès, logique (tous les éléments étaient réunis pour - à commencer par un Gary Cooper en héros idéaliste, alors qu'il interprète un trafiquant d'armes !), aux États-Unis. Il fut exploité en France, à partir du 17 décembre 1936.

- Au milieu du film, comme alternative au montage alterné, Lewis Milestone choisit d'utiliser le split screen, c'est à dire l'écran partagé, une figure de style existant depuis le muet :


>> RÉPLIQUES
- "Un jour, peut-être, un loi abolira la mélancolie, quelque chose comme un amendement de la Constitution ... applicable à tous."
(Madeleine Carroll)

- "Il brise les cœurs, les grèves et les crânes."
(Gary Cooper)

- "Ma vie tient en quelques lignes. J'ai fugué d'un orphelinat à 14 ans. En vendant des journaux, j'ai appris à esquiver les coups. On pourrait appeler ça faire de la résistance. J'ai été boxeur professionnel, mais je n'aimais pas taper sur d'autres gamins. J'ai été docker, j'ai construit des routes. Puis j'ai rejoins l'aviation. En 29, je suis venu ici comme pilote. Mes camarades bombardent encore ceux pour qui je travaille. Pourquoi je défends les opprimés ? L'oppression fait partie de mon histoire. Les O'Hara, comme les éléphants, n'oublient jamais. Un américain défend toujours la démocratie non ?"
(Gary Cooper)

- "Je peux vous embrasser ?
- Demandez à ma mère !"
(Gary Cooper/Madeleine Carroll)

- "Avec les journalistes, je suis toujours très doux.
- C'est un ennemi public ?
- C'est un fait. Un homme très méchant, et cetera.
- Ça vous ennuie si je l'écris ?
- Non, ça ne m'ennuie pas. Vous mettrez ma photo ?
- Bien sûr, en première page."
(Akim Tamiroff/John O'Hara)

- "Je vais vous tanner le cuir, vous ressemblerez à votre valise !"
(Gary Cooper)

>> CRITIQUES
"Célèbre film d'aventures avec un Gary Cooper en pleine forme, de méchants chinois commandés par Akim Tamiroff et une proie délicieuse, Madeleine Carroll." (J. Tulard, Guide des films, Paris, Robert Laffont, 2002, p. 1288)

"Le meilleur film de cette période assez sombre est sans doute The General Died at Dawn, dont nous parlions fort chaleureusement dans notre précédente édition [...]. Des visions plus récentes, toutefois, ont tempéré notre enthousiasme. Le scénario est statique (le premier de Odets) et prévisible, l'interprétation de Madeleine Carroll faible et l'ensemble souffre de la comparaison avec Sternberg ou Curtiz. La mise en scène est appliquée (on dirait du Duvivier à court d'inspiration), excepté dans les premiers plans et dans le suicide collectif final. Restent les intentions (vaguement) progressistes, l'une des constantes de Milestone avec son pour les écrivains "de prestige", souvent politiquement engagés, qu'il a coutume de prendre comme scénaristes [...]." (B. Tavernier et J.-P. Coursodon, 50 ans de cinéma américain, Paris, Omnibus, 1995, p. 710-711)

>>  PHOTOS DU FILM


>> PHOTOS D'EXPLOITATION