samedi 16 avril 2011

Les trois lanciers du Bengale (1935)


>> ÉQUIPE TECHNIQUE / CARACTÉRISTIQUES
Titre original : The Lives of a Bengal Lancer, Réalisateur : Henry Hathaway, Scénario : Waldemar Young, John L. Balderston et Achmed Abdullah, Producteur : Louis D. Lighton, Musique : Herman Hand, Photographie : Charles Lang, Direction artistique : Roland Anderson et Hans Dreier, Montage : Ellsworth Hoagland, Genre : Aventures, Durée : 109 minutes, Noir et Blanc, Sortie US : 21 janvier 1935.

>> DISTRIBUTION
Gary Cooper (Alan McGregor), Franchot Tone (Forsythe), Richard Cromwell (Donald Stone), Guy Standing (Colonel Tom Stone), C. Aubrey Smith (Major Hamilton), Kathleen Burke (Tania Volkanskaya), Douglas Drumbrille (Mohammed Khan), Monte Blue (Hamzulla Khan), Colin Tapley (Barrett).

>> HISTOIRE
Sur la frontière nord des Indes, le 41ème régiment des lanciers du Bengale, en manœuvre, est victime d'une embuscade, et perd plusieurs hommes. Deux nouveaux officiers sont affectés quelques jours après aux côtés du lieutenant McGregor, Forsythe et Stone. Ce dernier est, par ailleurs, le fils du colonel du régiment. Alors que père et fils ont du mal à communiquer, et qu'une rivalité naît entre McGregor et Forsythe, la menace d'une attaque de Mohammed Khan, un chef rebelle, gronde.
Dénouement. Après une partie de chasse chez un émir ami du colonel, le jeune Stone est enlevé par Mohammed Khan, grâce aux charmes de la belle espionne Tania Volkanskaya. Alors que le colonel refuse de sacrifier son régiment pour sauver son fils, prisonnier dans un fort bien protégé, McGregor et Forsythe se déguisent en marchands et réussissent à y pénétrer. Démasqués, ils sont arrêtés, puis torturés. Stone parle et permet aux rebelles de s'emparer de munitions. Alors que le régiment s'apprête à donner l'assaut sur le fort, les trois lanciers parviennent à s'échapper et à semer la panique dans les rangs rebelles. McGregor perd la vie mais parvient à faire exploser la réserve de munitions, tandis que Stone tue Mohammed Khan, entrainant la reddition de ses troupes. Les deux lanciers survivants sont décorés, et l'on remet à McGregor une médaille à titre posthume.

>> AFFICHES


>> NOMINATIONS ET RÉCOMPENSES
Nominations :
- Cérémonie des Oscars, 1936 : Meilleur film, Meilleur réalisateur (Henry Hathaway), Meilleur assistant réalisateur (Clem Beauchamp et Paul Wing), Meilleur scénario (Achmed Abdullah, John L. Balderston, Grover Jones, William Slavens McNutt, Waldemar Young), Meilleure direction artistique (Hans Dreier et Roland Anderson), Meilleur son (Franklin Hansen), Meilleur montage (Ellsworth Hoagland).

- National Board of Review Award, 1935 : Meilleur film américain.

Récompenses :
- Cérémonie des Oscars, 1936 : Meilleur assistant réalisateur (Clem Beauchamp et Paul Wing).

>> AUTOUR DU FILM
Entretiens avec le réalisateur Henry Hathaway (extraits, 1972)
- Pour The lives of a Bengal Lancer, qu'est-il arrivé au matériel tourné par Schoedsack ?
- The Lives of a Bengal Lancer était déjà passé par deux metteurs en scène. Le premier était Schoedsack avec Merian Cooper. Tous deux étaient partis tourner aux Indes. De retour en Amérique, ils s'intéressèrent à un autre projet et c'est Stephen Roberts, un bon réalisateur, qui avait tourné un film où George Raft était toréador, qui reprit l'idée. Mais il voulait réaliser un film cher, de avec des décors énormes. J'avais la réputation de tourner très vite, pour pas cher, de bons westerns, et quelqu'un du studio dit : "Pourquoi ne pas donner le film à Hathaway ?". [...] On me donna un plan de travail de quarante deux jours et à la fin du tournage, celui-ci avait duré en fait cent sept jours. Tout le studio était enragé. Les gens ne me parlaient plus. Dès que le film sortit, on me reparla ... C'était la première fois qu'il film se jouait plus d'une semaine. Le mien dura dix semaines. [...]

- Où avez tourné le film ?
- Là où j'ai tourné mes westerns ... [...] Mais je n'arrivais pas à tourner jusqu'à ce que je comprenne ce que je voulais : c'était un éléphant. [...] Le lendemain matin, il n'y a pas d'éléphant. Je téléphone au studio et je leur demande l'éléphant. Il me disent qu'ils ne peuvent pas envoyer d'éléphant. Alors je leur dis "C'est l'éléphant ou moi ... Ou vous m'envoyez un éléphant, ou vous envoyez un autre metteur en scène". Et j'étais très sérieux. [...] Le matin suivant, je me lève : toujours pas d'éléphant. [...] On me dit que l'éléphant arrive. C'était vrai mais, sur la route, le camion qui le transportait s'était arrêté pour prendre de l'essence et l'éléphant s'était accroché à un des poteaux de la station service. Il avait fallu arracher le poteau ... Un peu plus tard, en passant dans un bois, il a enroulé sa trompe autour d'un tronc d'arbre et n'a pas voulu le lâcher, il a fallu couper le tronc et il est arrivé sur le lieu du tournage avec un tronc dans la trompe ... Dès qu'il a été là, j'ai pu tourner. (B. Tavernier, Amis Américains, Arles, Institut Lumière/Actes Sud, 2008, p. 175-176)

>> RÉPLIQUES
- "Vous voyez les nouveaux officiers ce matin. Les lieutenants Forsythe et Stone.
- Stone ?
- Son fils.
- Son quoi ?
- J'ai dit son fils.
- J'ai du mal à croire que ce vieux grincheux ait eut une faiblesse."
(C. Aubrey Smith/Gary Cooper)

- "Je vous présente ... rappelez moi votre nom.
- Forsythe.
- Monsieur Stone, Monsieur Fort.
- Nous nous sommes rencontrés dans le train, et je m'appelle Forsythe.
- Trop long à prononcer par cette chaleur !"
(Gary Cooper/Franchot Tone)

- "Tout ce bazar ira au musée de Kensington ?
- Ce bazar, ce sont les effets personnels de celui que vous remplacez, tombé à la frontière le mois dernier."
(Franchot Tone/Gary Cooper)

- "Il appartient au régiment corps et âme, c'est tout sa vie. Ça ne durera pas, la retraite approche. Il aura un fauteuil au club, et une place dans les défilés. Mais il n'aura rien si son fils ne s'occupe pas du régiment.
- C'est ça l'important ?
- Bien sur ! C'est toute sa vie ! Il devrait laisser ses intérêts influencer ses ordres ?
- Pourquoi pas ? Pourquoi ne pas laisser parler l'être humain en lui ? Pourquoi ne pas oublier le devoir pour une fois ?
- Vous êtes aveugle ! Ne voyez vous pas que de génération en génération, une poignée d'hommes à assurer l'ordre pour 300 millions de personnes ? Grâce à lui et à ses semblables, aux hommes qui ont fait les Indes britanniques, qui font passer le devoir avant tout. La mort ne l'empêchera pas de l'accomplir, l'amour non plus. Lorsque les hommes de sa trempe s'éteindront, ce sera la fin. Nous ne pourrons jamais les égaler."
(C. Aubrey Smith/Franchot Tone/Gary Cooper)

- "Maintenant que nous ne sommes plus des invités, dites ce que vous pensez de l'agneau.
- Oui ... je regrette de devoir vous dire que votre agneau est vraiment ...
- "Infect" est le mot.
- Merci, Mac."
( Gary Cooper/Franchot Tone)

>> CRITIQUES
"Lives of a Bengale Lancer louvoie ainsi avec adresse entre la comédie et une action dramatique jamais pesante, ni contraignante, dosage idéal pour un genre qui réclame la souplesse, l'absence de prétention, une gravité gracieuse et polie. [...] Ce classique du genre tient formidablement bien le coup. Le parti pris visuel, la récréation historique, à défaut d'être juste, frappent par leur logique interne, leur cohérence par rapport aux ambitions premières et aux conventions qu'il ne fallait surtout pas ébranler sous peine de détruire tout l'édifice. Cette apologie du colonialisme est tellement évidente qu'on ne parvient plus à s'offusquer. Au contraire, elle ajoute au plaisir que l'on prend à revoir le film, se résumant dans une réplique grandiose de Franchot Tone à son domestique indigène : 'Je suis là pour salir mes bottes, tu es là pour les essuyer'." (B. Tavernier et J.-P. Coursodon, 50 ans de cinéma américain, Paris, Omnibus, 1995, p. 529, 532)

"Un classique du film d'aventures à gros budget, tourné dans des extérieurs spectaculaires et avec des costumes somptueux afin de rendre le prestige et l'héroïsme de l'armée britannique. Au départ les lanciers sont des têtes brûlées et de farouches individualistes. Le récit s'attache à les rendre humains et sympathiques. [...] Le film a connu un immense succès, faisant de Gary Cooper une star. Les trois lanciers du Bengale reste le modèle du film colonial, et a connu une nombreuse descendance." (J.-C. Lamy, Dictionnaire des films, Paris, Larousse, 2002, p. 850)

"Chef d’œuvre du film d'aventures, couronné de nombreux oscars à sa sortie, superbement interprété par Gary Cooper, voilà un classique du cinéma qui se revoit toujours avec plaisir." (J. Tulard, Guide des films, Paris, Robert Laffont, 2002, p. 2786)

"[...] C'est encore grâce à l'extrême froideur du ton, à la tranquille impassibilité du narrateur que Les trois lanciers du Bengale a pu si bien résister aux outrages du temps, après avoir captivé à son heure et lors de multiples ressorties des millions de spectateurs, passionnés par ses qualités et sa densité de récit d'aventures, par ses personnages au relief sobre et sans complaisance. [...] Avec une sorte de cruauté minutieuse et réaliste - celle d'un homme qui ne veut pas s'en laisser conter - Hathaway fait aussi l'éloge du professionnalisme, avant même celle du sacrifice et de l'héroïsme, exprimant très nettement sa méfiance vis à vis du sentimentalisme et de l'attendrissement." (J. Lourcelles, Dictionnaire du cinéma, Les films, Paris, Robert Laffont, 1992, p. 1481)

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