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lundi 9 janvier 2012

La lame nue (1961)


>> ÉQUIPE TECHNIQUE / CARACTÉRISTIQUES
Titre original : The Nacked Edge, Réalisateur : Michael Anderson, Scénario : Joseph Stefano, Producteur : George Glass et Walter Seltzer, Musique : William Alwyn, Photographie : Erwin Hillier, Direction artistique : Carmen Dillon, Montage : Gordon Pilkington, Genre : Drame, Espionnage, Durée : 97 minutes, Noir et Blanc, Sortie US : 30 juin 1961.

>> DISTRIBUTION
Gary Cooper (George Radcliff), Deborah Kerr (Martha Radcliff), Eric Portman (Jeremy Clay), Diane Cilento (Mrs. Heath), Hermione Gingold (Lilly Harris), Peter Cushing (Evan Wrack), Michael Wilding (Morris Brooke), Ray McAnally (Donald Heath).

>> HISTOIRE
Lors du procès pour meurtre de Donald Heath, son collègue George Radcliff témoigne à charge, et affirme l'avoir vu poignarder son collègue et s'enfuir avec un sac plein d'argent. Cinq ans plus tard, Radcliff est devenu un riche et important dirigeant d'entreprise, au cœur de Londres. Mais son quotidien est bouleversé quand sa femme Martha reçoit une mystérieuse lettre, l'accusant d'avoir lui-même assassiné son collègue pour voler l'argent.
Dénouement. D'abord chamboulée, puis véritablement inquiète par ces révélations et le comportement de son mari, Martha sombre petit à petit dans une profonde tourmente psychologique. Surprenant son mari à lui mentir, elle se replonge dans les archives du procès et va à la rencontre de la femme de l'accusé, ainsi que de Jeremy Clay, l'auteur de la mystérieuse lettre. Celui-ci lui apprend que c'est bien son mari le coupable du meurtre, mais qu'il ne le dénoncera pas. Effondrée, Martha révèle ce qu'elle vient d'apprendre à son mari et le soupçonne de vouloir la tuer, pour la faire taire. Alors que Radcliff annule son départ, elle manque d'être assassinée par Jeremy Clay, qui lui avoue qu'il est le meurtrier. Elle est sauvée par son mari, innocent depuis le début.

>> AFFICHES


>> NOMINATIONS ET RÉCOMPENSES
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>> AUTOUR DU FILM
Souvenirs du producteur Walter Seltzer
"Je n'avais vu Cooper qu'une ou deux fois avant le tournage de La lame nue. Michael Anderson et moi lui avions envoyé le découpage aux Antilles, où il séjournait alors. C'était un rôle très nouveau pour lui. C'est pourquoi il a accepté. Il souhaitait, par ailleurs, travailler en Europe. Il était assurément très malade pendant les prises de vues, mais il n'en laissait rien paraître. Il n'a jamais ralenti le plan établi et nous avons terminé dans les délais prévus, c'est à dire avant Noël. [...] Pendant le tournage, Cooper faillit bien être tué. Lors des extérieurs à la tour de Londres, nous avions installé des loges roulantes pour Deborah Kerr et pour lui. Il venait à peine de quitter la sienne qu'elle explosa : sans doute un appareil de chauffage défectueux." (S. Kaminsky, Gary Cooper ou le paladin du nouveau monde, Paris, Éditions France Empire, 1981)

Souvenirs de Deborah Kerr
Il savait qu'il était très gravement atteint. Nous déjeunions tous les jours ensemble. Il me racontait ses débuts, le cinéma des années 30. C'était passionnant et assez triste aussi. Pendant le travail, il était toujours de bonne humeur. J'ai beaucoup appris à son contact. Il avait un instinct si sûr. C'était une joie de tourner avec lui. (S. Kaminsky, Gary Cooper ou le paladin du nouveau monde, Paris, Éditions France Empire, 1981)

Le mot de Gary Cooper
"Il s'agissait d'avoir l'air innocent alors que les circonstances m'accablent. Le vrai problème, c'est qu'il est douteux que le public puisse jamais croire Gary Cooper capable d'un meurtre."

Anecdotes
Dernier film de Gary Cooper, le film fut exploité dans les salles après sa mort : dès mai 1961 en Angleterre et à partir du 30 juin aux États-Unis. Toutefois, en hommage, le film sortit en avant-première deux jours avant, le 28 juin, dans la ville natale de Cooper, à Helena dans le Montana.

>> RÉPLIQUES
- "C'est un des sacs postaux volés dans l'express de Durn il y a cinq ans, tu ne t'en rappelles pas ? Le sac n'avait pas été ouvert. On dit que les voleurs n'ont pas eu le temps d'emmener leur butin. Et bien sais-tu ce que l'administration postale a fait ? Les lettres étaient intactes, pas décachetées. Elle a simplement apposé un cachet, les a expédiées comme si il n'y avait pas eu de vol.
- Très britannique !"
(Deborah Kerr/Gary Cooper)

- "Many est ma dernière conquête, je l'entretiens pour qu'il puisse écrire ses comédies insipides et lui, par contre, m'empêche de vieillir tandis que mon mari fait de la diplomatie aux Indes ...
- Avez vous eu de ses nouvelles Lilly ?
- Oh, j'en ai par chèques.
(Hermione Gingold/Deborah Kerr)

- "Si je me conduis ainsi, c'est que j'ai des soupçons. De très légers.
- On ne peut guère en avoir à moitié. C'est comme la virginité, il n'y a pas de nuances. C'est tout ou rien."
(Deborah Kerr/Gary Cooper)

- "Il a dit la vérité à la cour. Dommage que la vérité sonne toujours faux."
(Eric Portman)

>> CRITIQUES
"Son personnage est d'une grande complexité dramatique, et c'est là un aspect nouveau que donnait à son public, pour la dernière fois, le grand acteur que fut Gary Cooper." (E. Escoube, Gary Cooper, le cavalier de l'Ouest, Paris, Éditions du Cerf, 1965)

"Ce n'est ni le pire ni le meilleur mais à ce film policier il aurait fallu le coup de pouce d'Alfred Hitchcock. [...] Le résultat est satisfaisant mais il n'est pas extraordinaire." (H. Dickens, Gary Cooper, Paris, Henri Veyrier, 1975)

"Un film policier dans lequel Cooper est soupçonné d'avoir commis un crime crapuleux, simple accumulation, parfaitement artificielle, de faits insignifiants. Les dons qui ont fait de Cooper une vedette ont peu de chose à voir avec son interprétation." (Brendan Gill, New Yorker, 1961)

>> PHOTOS DU FILM


>> PHOTOS DE TOURNAGE


>> PHOTOS D'EXPLOITATION


Cape et poignard (1946)


>> ÉQUIPE TECHNIQUE / CARACTÉRISTIQUES
Titre original : Cloak and Dagger, Réalisateur : Fritz Lang, Scénario : Albert Maltz et Ring Lardner Jr., Producteur : Milton Sperling, Musique : Max Steiner, Photographie : Sol Polito, Direction artistique : Max Parker, Montage : Christian Nyby, Genre : Drame, Espionnage, Durée : 106 minutes, Noir et Blanc, Sortie US : 28 septembre 1946.

>> DISTRIBUTION
Gary Cooper (Professeur Alvah Jesper), Robert Alda (Pinkie), Lilli Palmer (Gina), Vladimir Sokoloff (Polda), J. Edward Bromberg (Trenk), Marjorie Hoshelle (Ann Dawson), Ludwig Stössel (l'allemand), Helen Thimig (Katherine Lodor), Dan Seymour (Marsoli).

>> HISTOIRE
Pendant la Seconde Guerre Mondiale, d'étranges chargements ferroviaires allemands inquiètent les alliés, qui pensent que l'Allemagne cherche à se doter de l'arme nucléaire. L'éminent chercheur Alvah Jesper est chargé de rencontrer, en Suisse, Katherine Lodor, une scientifique hongroise de renom connue pour ses travaux sur la fission nucléaire, parvenu à s'échapper des griffes des allemands. Mais elle est enlevée et assassinée avant qu'il ait pu recueillir des informations.
Dénouement. Jesper décide alors de partir pour l'Italie à la rencontre du professeur Polda, autre spécialiste du nucléaire, surveillé par les allemands. Une équipe de résistants italiens l'aide dans sa mission, dont la jolie Gina. Le professeur Polda accepte finalement de rejoindre les Alliés à condition que sa fille, enfermée, soit libérée avec lui. Alors que s'organise la libération de cette dernière, Jesper et Gina tentent de rester discrets et développent des sentiments amoureux l'un envers l'autre. Ils s'enfuient avec le scientifique prisonnier et rejoignent Pinkie dans un lieu secret. Mais la petite maison est vite encerclée par les allemands. Jesper, Gina et Polda parviennent à s'échapper et à rejoindre un avion qui doit les conduire vers l'Angleterre. Patriote, Gina décide de rester avec ses camarades italiens et Jesper, avant de s'envoler, lui promet de revenir après la guerre.

>> AFFICHES


>> NOMINATIONS ET RÉCOMPENSES
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>> AUTOUR DU FILM
Souvenirs du scénariste Ring Lardner Jr.
"Je suis arrivé sur le film alors qu'il y avait déjà un scénario écrit par Boris Ingster et John Larkin. Fritz n'aimait pas le scénario qu'ils avaient fait, mon boulot fut de le réécrire entièrement, le plus rapidement possible. Puis, alors que nous étions sur le point de tourner, Albert Maltz est arrivé pour réécrire derrière moi. Ils étaient en retard, Albert et moi avons travaillé ensemble, pas forcément sur les mêmes scènes. [...] Je me souviens qu'en allant travailler sur le scénario, j'avais rencontré [Gary] Cooper. Il avait dit "Écoute, je veux que tu comprennes quelque chose. Je suis supposé jouer un physicien atomiste dans ce film, et la seule manière que j'aie de m'en sortir, c'est que tu écrives des dialogues très simples ...". (P. McGilligan, Backstory 3, interviews with screenwriters of the 60s, University of California Press, 1997, p. 209-210)

Souvenirs de Lilli Palmer
L'actrice avait vu les films de Gary Cooper étant jeune et fut enchantée de jouer avec son idole. Toutefois, malgré sa cordialité, elle trouva l'acteur fatigué, vieilli, lent et peu loquace. En outre, Cooper ne l'aida pas à régler ses problèmes avec le réalisateur Fritz Lang, qui la détestait cordialement, et lui dit pour s'excuser "Ce n'est pas mon genre. Je ne trouve jamais les mots qu'il faut. J'ai besoin qu'on écrive mes répliques." (S. Kaminsky, Gary Cooper ou le paladin du nouveau monde, Paris, Éditions France Empire, 1981)

Anecdotes
Cape et poignard fut la première production de la United States Pictures, formée par Joseph Bernhard et Milton Sperling, et marqua les débuts à l'écran aux États-Unis de Lilli Palmer. Le général William Donovan, chef de l'OSS à l'époque du tournage, voulut imposer son ami James Cagney pour le rôle principal, mais celui-ci refusa. Plusieurs membres de l'équipe technique connaissaient bien le sujet : le conseiller technique Michael Burke avait été lieutenant de réserve dans la marine américaine et avait collaboré avec les français dans le maquis, puis en Italie ; le conseiller technique Andreis Deinum fut cryptographe dans l'OSS.
Une première version du scénario proposait une autre fin : le professeur Polda, dans la course finale, mourait d'une crise cardiaque. Le personnage de Gary Cooper découvrait alors dans sa mallette des photographies aériennes et les plans d'une centrale nucléaire en Allemagne. Dans un dernier plan, il déclarait : "Que Dieu nous protège si nous pensons pouvoir garder pour nous seuls l'arme nucléaire." (AFI Catalog of Motion Pictures Produced in the US Feature Films, 1941-1950, University of California Press, 1999)

>> RÉPLIQUES
- "Je fais partie de l'OSS.
- Connais pas.
- Tant mieux, on n'aime pas la publicité. C'est l'Office des Services Stratégiques. A Washington, on nous appelle "Cape et Poignard".
- Ça a l'air romantique !"
(Robert Alda/Gary Cooper)

- "Je pensais être en sécurité ici. Ce n'est pas le cas, les allemands m'ont retrouvée. Hier, j'ai reçu une lettre postée à Zurich : je dois me rendre en Italie, pour y travailler. Je collaborerai avec Polda.
- Giovanni Polda ?
- Oui. Si je n'y retourne pas, dès dimanche, dix antinazis hongrois seront sortis des camps de concentration et abattus. Tous les jours. Tous les jours, j'aurai droit à une lettre avec les noms ... et les photographies des morts."
(Helen Thimig/Gary Cooper)

- "Je suis américaine !
- Techniquement, oui. Vous êtes née et avez grandi là-bas. Mais ... en 1935, vous rejoignez l'alliance germano-américaine, sous le nom d'Hilda Winters. En 37, vous êtes arrêtez suite à des émeutes racistes et antisémites. En 39, on vous retrouve à Berlin, travaillant pour la Gestapo. Depuis 40, vous opérez en Suisse. Vous êtes américaine, certes ... mais ça me révulse de l'admettre !"
(Marjorie Hoshelle/Gary Cooper)

- "Arrêtez de me regarder, je vous prie !
- Vous êtes jolie à regarder.
- On dirait une scène d'opéra. Les gens sont vont, le jeune couple reste seul. Le jeune homme doit faire des compliments, c'est attendu ... Mais il n'y a pas de musique, et vous n'êtes pas ténor."
(Lilli Palmer/Gary Cooper)

- "Ne soyez pas quelqu'un que j'aime ! Si on a envie de s'embrasser, soit, faisons-le, mais ça ne doit pas être sérieux. Dans mon travail, j'embrasse sans sentiments : la semaine dernière, un type de l'OVRA avec une moustache ridicule, la semaine prochaine un gros porc de la Gestapo.
- Gina, pourquoi vous tourmentez vous ?
- Vous croyez que c'est bien d'être agent de liaison ? Vous trouvez ça excitant ? Héroïque ? Non. A combattre des salauds, on le devient à notre tour."
(Lilli Palmer/Gary Cooper)

>> CRITIQUES
"La présence, dans le rôle principal, de Gary Cooper, a plus d'importance que les activités auxquelles il est censé se livrer. En agent du contre espionnage, Cooper n'est visiblement pas à l'aise." (Howard Barnes, New York Herald Tribune, 1946)

"Personnage principal, Gary Cooper joue admirablement Gary Cooper, c'est à dire exactement ce qu'on attend de lui. Homme d'expérience, Mr. Lang n'a d'autre prétention que celle de montrer une histoire d'espionnage à trame sentimentale, celle que les scénaristes lui ont préparé." (Bosley Crowther, New York Times, 1946)

"Changeant d'emploi, Cooper joue cette fois le rôle d'un agent secret mais ses gestes et son comportement sont tellement américains pour un individu censé passer inaperçu que le personnage qu'il incarne manque totalement de crédibilité." (Homer Dickens, Gary Cooper, Paris, Henri Veyrier, 1975)

>> PHOTOS DU FILM


>> PHOTOS D'EXPLOITATION


>> PHOTOS DE TOURNAGE


>> DVD Zone 2

samedi 31 décembre 2011

DVD - Cape et poignard (1946)


DVD Zone 2 - Cape et poignard (Cloak and Dagger)

Editeur : Films Sans Frontières

Réalisateur : Fritz Lang
Durée : 106 minutes
Langues : Anglais
Sous-titres : Français
Noir et Blanc, 4/3
Bonus : Aucun

Avis : J'ai lu des critiques négatives dans les commentaires de Amazon concernant l'état de la copie. Je trouve qu'il est déjà heureux que l'on puisse trouver un DVD Zone 2, sous titré français de ce film de Fritz Lang, à prix abordable (une dizaine d'euros sur amazon). La copie n'est pas restaurée, c'est un fait, mais n'est pas pour autant en mauvais état. Le film se regarde sans aucun problème, avec grand plaisir. Pour les cinéphiles de mon genre, il est très appréciable que le DVD soit en version originale sous titrée français, afin d'entendre la voix de Gary Cooper. Aucun bonus, aucune interactivité (le seul menu accessible est ci-dessous en capture), mais encore une fois, il s'agit d'une petite société de distribution, et on ne peut que féliciter leur démarche de sortir ce film en DVD. (Julien Morvan, auteur du blog)