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lundi 16 janvier 2012

L'odyssée du docteur Wassell (1944)

  
>> ÉQUIPE TECHNIQUE / CARACTÉRISTIQUES
Titre original : The Story of Dr. Wassell, Réalisateur : Cecil B. DeMille, Scénario : Alan Le May et Charles Bennett, Producteur : Cecil B. DeMille, Musique : Victor Young, Photographie : Victor Milner et William E. Snyder, Direction artistique : Hans Dreier et Roland Anderson, Montage : Anne Bauchens, Genre : Aventures, Biopic, Drame, Durée : 130 minutes, Couleurs, Sortie US : 4 juillet 1944.

>> DISTRIBUTION
Gary Cooper (Corydon Wassell), Laraine Day (Madeline), Signe Hasso (Bettina), Dennis O'Keefe (Hoppy), Carol Thurston (Tremartini), Carl Esmond (Dirk Van Daal), Paul Kelly (Murdock).

>> HISTOIRE
Originaire de l'Arkansas, le docteur Wassell s'est engagé en Chine pour travailler à la recherche d'un vaccin. Incorporé à la marine américaine pendant la seconde guerre mondiale, il est chargé de secourir les rescapés d'un navire échoué sur l'île de Java, et de les emmener dans un hôpital de campagne. Lorsqu'il apprend que Singapour est tombée et que l'arrivée des japonais est imminente, il reçoit l'ordre d'évacuer les blessés. Mais quand on refuse de faire embarquer les invalides, il décide de rester avec eux.
Dénouement. De retour dans l'hôpital, qui a été bombardé, le docteur Wassell sait que ses chances de s'en sortir vivant sont minces. Il réussit pourtant à trouver un convoi britannique qui accepte de les emmener vers un port d'où ils pourront embarquer pour l'Australie. Non sans embûches, Wassell et ses blessés parviennent à s'embarquer sur un cargo et à survivre aux attaques japonaises. Héros national, le docteur qui s'est dévoué pour ses blessés est décoré au nom du président des États-Unis.

>> AFFICHES


>> NOMINATIONS ET RÉCOMPENSES
Nominations :
- Cérémonie des Oscars, 1945 : Meilleurs effets spéciaux (Farciot Edouard, Gordon Jennings et George Dutton).

>> AUTOUR DU FILM
Le véritable docteur Wassell

 

Né dans l'Arkansas le 4 juillet 1884, il exerça comme médecin dans la petite ville de Tillar et se maria avec Mary Yarnell en 1911. Trois ans plus tard, il s'engagea comme volontaire pour rejoindre la province de Wauchand, en Chine. Après la mort de sa première femme, il épousa Madeline Day, qu'il avait rencontré sur place. Il s'engagea comme réserviste dans la marine en 1926 et fut affecté dans une base de Floride dix ans plus tard. Alors que son navire rejoignait les Philippines, l'attaque sur Pearl Harbor l'obligea à être dérouté vers l'île de Java. En 1942, il soigna les rescapés du USS Houston et du USS Marblehead. Lors de l'évacuation, il tenta de faire embarquer les invalides, sans succès, et décida de rester sur l'île avec eux. Il persuada par la suite un convoi de britanniques de les emmener jusqu'à la côte : il accompagna ses blessés près de 200 km à travers la jungle, puis sur un navire régulièrement attaqué par les japonais. Arrivé en Australie, il fut cité pour la Navy Cross et le président Roosevelt raconta son histoire à la radio. Héros national, il regagna les États-Unis et sa ville de naissance jusqu'à sa mort, le 12 mai 1958.

Production du film
Après la sortie des Naufrageurs des mers du sud, avec John Wayne, Cecil B. DeMille envisagea de tourner un film en noir et blanc au Mexique, Rurales. Mais lorsqu'il écouta à la radio un discours du président des États-Unis Franklin D. Roosevelt sur l'exploit du docteur Wassell, le 28 avril 1942, le réalisateur laissa de côté son projet, excité à l'idée de transposer à l'écran cette formidable histoire. Il envoya peu après un télégramme au président pour lui demander son approbation sur ce qu'il espérait devenir un "magnifique film d'inspiration" censé exalter les valeurs de courage et de dévouement. James Hilton fut chargé d'aller rencontrer le docteur Wassell en Australie, lequel, perplexe, lui raconta son histoire.

Il fut convenu que Gary Cooper serait l'interprète à l'écran du docteur Wassell, mais il tournait avec Sam Wood et Ingrid Bergman L'intrigante de Saratoga. DeMille préféra reculer sa date de tournage plutôt que d'engager un autre acteur et insista régulièrement auprès de la production pour que sa vedette termine rapidement son autre tournage. Il filma les premiers plans de Cooper dès juillet 1943. (R. S. Birchard, Cecil B. DeMille's Hollywood, The University Press of Kentucky, 2004)

Le film coûta 2,7 millions de dollars et en rapporta 6,4, dont 150,000 dollars furent versés par DeMille à la marine américaine. La grande première du film eut lieu dans la salle du Constitution Hall à Washington, et le réalisateur fut même invité à la Maison Blanche pour rencontrer le président Roosevelt. (S. Eyman, Empire of dreams : the epic life of Cecil B. DeMille, Simon & Schuster, 2010)

Souvenir de Laraine Day
"Il était très agréable de travailler avec Cecil B. DeMille  car on ne travaillait jamais réellement avec lui. Un assistant faisait toutes les répétitions, puis il arrivait, répétait une fois et filmait. Les seuls moments qu'il dirigeaient vraiment étaient les scènes de foule. Là il était parfaitement à l'aise - même s'il avait bien sûr un grand nombre d'assistants avec lui."

Anecdotes
Le réalisateur George Mitchell se souvint que lors d'une de ses visites à Hollywood pendant une permission, lorsqu'il était soldat, il avait assisté au tournage de L'odyssée du docteur Wassell. En effet, Cecil B. DeMille avait fait installer des gradins sur le plateau, pour que les visiteurs puissent voir comment on faisait des films.

>> RÉPLIQUES
- "Il ne te manque rien ?
- Une omelette au lard, une jolie infirmière et un jap à dérouiller.
- Je ne suis pas sûr de trouver tout ça à bord."
(Gary Cooper/Elliott Reid)

- "Tu aimes Bettina ?
- Elle est charmante.
- Je l'aime aussi.
- Je ne pouvais pas le deviner.
- Elle n'est pas encore ma fiancée. En temps de guerre, rien n'est certain.
- Et alors ?
- Si l'un de nous deux y reste, espérons que l'autre pourra toujours veiller sur elle. Elle sera au plus veinard à la fin de la guerre. Quoi de plus normal ?
- Tu es un chic type. C'est d'accord."
(Carl Esmond/Renny McEvoy)

- "Je reste avec eux.
- Vous serez fait prisonnier.
- Je suivrai leur sort, ils ont besoin de moi."
(Gary Cooper/Harvey Stephens)

>> CRITIQUES
"Quant à The Story of Dr. Wassell, c'est peut-être le plus hollywoodien, donc le plus demillien de ses films." (J.-P. Coursodon et B. Tavernier, 50 ans de cinéma américain, Paris, Omnibus, 1995)

"Aux faits qui avaient trait aux aventures du médecin dans la jungle de Java, le réalisateur ajouta un certain nombre de clichés et d'images qui flattaient la fibre patriotique ; apparemment les spectateurs n'y firent aucune attention. [...] L'une de ses meilleures interprétations." (H. Dickens, Gary Cooper, Paris, Henri Veyrier, 1975)

"La performance de Gary Cooper, dans le rôle du médecin secourable, est, somme toute, modeste. A part quelques rares plaintes et des expressions de détresse, on a peine à croire qu'il est talonné par le danger." (Bosley Crowther, New York Times, 1944)

>> PHOTOS DU FILM


>> PHOTOS D'EXPLOITATION


>> DOCUMENTS
Mon film spécial L'odyssée du docteur Wassell (août 1947). (extraits)
> Voir le document en intégralité : Mon film spécial L'odyssée du docteur Wassell.


>> DVD Zone 2
Voir la page du DVD Zone 2 de L'odyssée du docteur Wassell.

mardi 3 janvier 2012

Document : Mon Ciné (1947) spécial "L'odyssée du Dr. Wassell"

La revue Mon Film proposait des numéros consacrés à un film en particulier, et racontait le scénario comme une nouvelle, en une dizaine de pages. Le tout entrecoupé de publicités et d'informations cinématographiques (actualités, courrier des lecteurs...).

Voici le numéro 57 consacré au film de Cecil B. DeMille L'odyssée du Docteur Wassell (The Story of Dr. Wassell), publié le 27 août 1947. (Collection personnelle)

(Cliquez sur les images pour les agrandir)





dimanche 1 janvier 2012

Les plus belles entrées de Gary Cooper à l'écran : Les Tuniques écarlates (1940)

La première image d'une star à l'écran, au même titre que la dernière, est celle que l'on retient souvent le mieux. Et il apparaît que dans les films de Gary Cooper, les réalisateurs (et scénaristes) savaient soigner l'entrée de la vedette préférée du public américain. Petit florilège personnel - et donc subjectif - des plus belles entrées à l'écran de Gary Cooper :

Les Tuniques écarlates (North West Mounted Police, 1940) 


Cette entrée n'est certes pas la plus marquante, mais elle est ardemment désirée ! En effet, voilà exactement 20 minutes que l'histoire se met en place ... et toujours pas de Gary Cooper ! A l'instant où l'on s'attend le moins à le voir débarquer, alors que les tuniques écarlates raccompagnent les marchands vers la sortie du fort, se profile la silhouette élancée de Cooper, sur son cheval. Au milieu de la foule et des soldats habillés de rouge, on sourit déjà de constater l'incohérence de son accoutrement, mais on se rassure, Cooper restera Cooper. Ses premières minutes à l'écran sont un régal : il snobe un premier soldat qui lui demande de repartir, et fait tenir son cheval à un second, médusé.


Il entre dans le bureau de l'officier britannique comme un cow-boy rentre dans un saloon, avec un petit geste reconnaissable. Sa présentation explique tout : il est Ranger au Texas. Quand le commandant l'informe qu'il connaît cette organisation, Cooper, poliment et laconiquement, non sans ironie, lui répond que c'est réciproque. Remerciements forcés de l'officier, politesse britannique. On lui présente celui qui sera son meilleur rival pendant le reste du film. Échange de regards méfiants, avant qu'il ne l'accompagne vers les dortoirs.

Écoutez un extrait audio (en Version Originale) :

vendredi 30 décembre 2011

Les Tuniques écarlates (1940)


>> ÉQUIPE TECHNIQUE / CARACTÉRISTIQUES
Titre original : North West Mounted Police, Réalisateur : Cecil B. DeMille, Scénario : Alan Le May, Jesse Lasky Jr. et C. Gardner Sullivan, Producteur : Cecil B. DeMille, Musique : Victor Young, Photographie : W. Howard Greene et Victor Milner, Direction artistique : Hans Dreier et Roland Anderson, Montage : Anne Bauchens, Genre : Aventure, Western, Durée : 126 minutes, Couleurs, Sortie US : 22 octobre 1940.

>> DISTRIBUTION
Gary Cooper (Dusty Rivers), Madeleine Carroll (April Logan), Paulette Goddard (Louvette Corbeau), Preston Foster (Sergent Jim Brett), Robert Preston (Ronnie Logan), Akim Tamiroff (Dan Duroc), Lynne Overman (Tod McDuff), George Bancroft (Jacques Corbeau), Lon Chaney Jr. (Shorty), Robert Ryan (Dumont).

>> HISTOIRE
Dans les années 1880, au Canada, les Métis (descendants d'européens et d'indiens) veulent s'émanciper du pouvoir britannique, représenté sur place par la Police Montée, les tuniques écarlates. Alors que la paix semble installée, trois leaders Métis, dont Louis Riel et Jacques Corbeau, ravivent les tensions. C'est dans ce contexte qu'arrive Dusty Rivers, un ranger du Texas qui recherche Corbeau pour meurtre. Alors qu'il débute ses recherches et tombe sous le charme de la belle April, les Métis s'apprêtent à déclarer la guerre aux tuniques écarlates et appellent en renforts plusieurs milliers d'indiens.
Dénouement. Pour inciter le chef indien à entrer en guerre contre les britanniques, Corbeau promet de ramener des dizaines d'uniformes écarlates tâchés de sang. Il fomente alors un guet-apens contre la Police Montée, qui perd beaucoup d'hommes. Mais les survivants se présentent devant le chef indien, menaçant que les âmes des morts reprennent vie. Le chef, intimidé, prête allégeance à la Couronne britannique, et Jacques Corbeau est arrêté. Laissant derrière lui la belle canadienne qu'il aimait, Dusty Rivers repart aux États-Unis avec son prisonnier.

>> AFFICHES


>> NOMINATIONS ET RÉCOMPENSES
Nominations :
- Cérémonie des Oscars, 1941 : Meilleur Son (Département son des studios Paramount), Meilleure Musique originale (Victor Young), Meilleure Direction artistique (Hans Dreier et Roland Anderson), Meilleure Photographie (Victor Milner et W. Howard Greene), Meilleur Montage (Anne Bauchens).

Récompenses :
- Cérémonie des Oscars, 1941 : Meilleur Montage (Anne Bauchens).

>> AUTOUR DU FILM
Les Tuniques écarlates fut le premier film en couleurs de Cecil B. DeMille, qui employa le procédé Technicolor pour un montant de 200.000$, quand un film en noir et blanc coûtait environ 50.000$. La société Technicolor imposa d'abord au réalisateur un directeur de la photographie expert en la matière, à savoir Arthur Rosson (qui venait de travailler sur Autant en emporte le vent). Il lui prodigua certains conseils sur la manière de filmer le ciel notamment, et décréta que Howard Greene (qui avait travaillé sur Les dix commandements) était le meilleur chef opérateur pour les extérieurs. Dans son contrat avec la Paramount, DeMille reçu une avance de 100.000$ pour préparer le film, et 50% des bénéfices sur les recettes. (R. S. Brichard, Cecil B. DeMille's Hollywood, The University Press of Kentucky, 2004)

S'éloignant de la traditionnelle mauvaise image des canadiens français dans le cinéma hollywoodien, le film ne fut pas censuré au Québec, mais provoqua toutefois une réaction hostile de Maurice Huot (dans le journal Le Devoir, du 28 octobre 1940) déplorant le "jour trompeur" sous lequel était montré Louis Riel, "vulgaire révolté". (P. Hébert et Y. Lever, Dictionnaire de la censure au Québec, Editions Fidès, 2006)

Anecdotes
- Il ne s'agit pas, comme on peut souvent le lire, du premier film en couleurs de Gary Cooper.
- Le film est une adaptation de l'ouvrage de R. C. Fetherstonhaugh, The Royal Canadian Mounted Police.
- C'est également l'un des premiers rôles d'une future vedette du cinéma américain, Robert Ryan, dans un rôle très secondaire de soldat.
- Comme pour la majorité de ses films, Cecil B. DeMille a tourné l'ensemble du film en Californie, en studios, usant de paysages filmés ou de toiles peintes. Les quelques plans réels d'extérieurs ont été tournés par un réalisateur de seconde équipe.
- Entre 1949 et 1999, le film cumula 4 677 876 entrées en France, dont 961 484 à Paris.

>> RÉPLIQUES 
- "Couvre moi ce soir, je dois sortir.
- La prochaine fois ... dis à cette fille d'amener une copine !"
(Robert Preston/Regis Toomey)

- "Vous savez flanquer une selle en un tour de main !"
(Gary Cooper)

- "Où croyez vous aller ?
- A Batoche ! J'espère que c'est très loin !
- Pas moi, cette banquette est si raide.
- Moi, j'ai l'impression d'être assis sur un nuage !"
(Madeleine Carroll/Gary Cooper)

- "Vous n'êtes pas marié ?
- Pour moi, un célibataire est un homme qui ne fait pas deux fois la même erreur."
(Madeleine Carroll/Gary Cooper)

- "Vous pensez qu'une plante ou autre chose de canadien survivrait au Texas ?
- Comment le saurais-je ?
- Même la lumière de la lune est chaude et douce, là bas ...
- Les chevaux sont rapides au Texas ?
- Y'a pas plus rapides !
- Le sont-ils autant que les hommes ?
(Gary Cooper/Madeleine Carroll/Lynne Overman)

- "Vous savez quoi ? Je fais le meilleur café de tout l’État du Texas. On peut y faire flotter un fer à cheval !"
(Gary Cooper)

- "Vous êtes un ange vêtu de cuir !
- J'aurais l'air fin avec des ailes en cuir."
(Madeleine Carroll/Gary Cooper)

>> CRITIQUES
" [...] Northwest Mounted Police reste écrasant d'ennui et de convention scénaristique". (B. Tavernier et J.-P. Coursodon, 50 ans de cinéma américain, Paris, Omnibus, 1995, p. 414)

"Premier film en Technicolor de DeMille et de Gary Cooper. Une œuvre superbe, un mélodrame à grand spectacle, une utilisation éblouissante des paysages [...], une action sans temps morts, bref l'une des grandes réussites de DeMille". (J. Tulard, Guide des films (P-Z), Paris, Robert Laffont, 2002, p. 3010)

"Les Tuniques écarlates, de Cecil B. DeMille est un film palpitant, un mélodrame à grand spectacle qui abonde en combats opposants soldats et Indiens et propose, en Technicolor, des vues extraordinaires des montagnes, des lacs, des forêts et de la police montée du Canada. [...] Les acteurs principaux s'en tirent à leur honneur." (Rose Pelswick, New York Journal American, 1940)

"Le faste et le spectacle grandiose imaginé par DeMille fascinent le spectateur déjà ébloui par la qualité de la photographie en couleurs. En homme d'action, Cooper est parfaitement dans son rôle." (Homer Dickens, Gary Cooper, Paris, Henri Veyrier, 1975)

>> PHOTOS D'EXPLOITATION


>> PHOTOS DU FILM


>> DOCUMENTS
Plus de photos et extrait audio :
> Les plus belles entrées de Gary Cooper à l'écran (Les tuniques écarlates) - avec extrait audio !

Revue Mon film, spécial Les Tuniques écarlates (n°173, 14 décembre 1949). Extraits.
> Voir "Mon film spécial Les Tuniques écarlates" complet ici !


Journal scout américain, Boy's Life, de novembre 1940.